Batman Gargoyle of Gotham : la série fantôme de DC revient enfin pour son final !

Dans le vaste multivers des promesses éditoriales oubliées, des calendriers pulvérisés et des lecteurs transformés malgré eux en moines bouddhistes spécialistes de la patience, DC Comics vient enfin de réussir un exploit : terminer deux séries Batman avant la fin de la civilisation moderne. Oui, vous avez bien lu. Batman : Hush 2 et Batman : Gargoyle of Gotham vont toutes deux atteindre leur conclusion… à quelques semaines d’intervalle. On imagine déjà les archivistes de DC souffler la poussière sur les dossiers marqués “À finir un jour peut-être”.


D’un côté, Jeph Loeb et Jim Lee devraient enfin boucler Batman : Hush 2 d’ici le 27 mai 2026, histoire de rappeler aux lecteurs que le suspense du récit n’était pas censé durer plus longtemps qu’une grossesse d’éléphant. De l’autre, Rafael Grampá sortira enfin le quatrième et dernier numéro de Batman : Gargoyle of Gotham le 10 juin 2026. Une œuvre tellement absente des radars que certains fans pensaient qu’elle avait été absorbée dans le Speed Force.


Et pourtant, les deux cas sont différents. Hush 2 ressemble davantage à une Ferrari coincée dans les embouteillages éditoriaux classiques de DC. Gargoyle of Gotham, en revanche, c’est plutôt une relique archéologique de l’âge d’or du chaos Black Label. Cette époque bénie où DC lançait des projets prestigieux avec des artistes stars, avant de laisser les lecteurs dans un silence radio digne d’une mission spatiale perdue dans l’espace profond.

Souvenez-vous : à l’automne 2023, Batman : Gargoyle of Gotham débarquait avec une promesse simple. Quatre numéros. Pas cinquante-deux. Pas une saga cosmique interdimensionnelle. Quatre. Et pendant quelques mois, miracle : trois chapitres sortent rapidement. Le public commence à croire que tout va bien. Quelle naïveté touchante.

Puis plus rien.

Disparition totale.


Le projet s’est évaporé comme un NFT en 2024. Aucun signal. Aucun Bat-Signal. Juste le vide. À ce stade, certains lecteurs avaient probablement terminé leurs études, changé de carrière ou fondé une famille entre le numéro 3 et l’annonce du numéro 4.

Et honnêtement ? C’est dommage. Parce que derrière cette gestion éditoriale sortie d’un escape game administratif, Gargoyle of Gotham était réellement excellent.

Le concept avait de quoi intriguer : un Batman totalement désabusé décide d’abandonner l’identité de Bruce Wayne pour devenir une créature nocturne à plein temps. Fini les cocktails mondains, fini les sourires de milliardaire philanthrope. Le type veut littéralement devenir un costume avec des traumatismes dedans.


Évidemment, comme Gotham refuse toute forme de retraite anticipée, une nouvelle galerie de psychopathes débarque aussitôt : Crytoon, espèce de rejeton dégénéré du Joker, Moth-Er, The Virgin, et même une secte inquiétante appelée Stadt-Geist, parce qu’à Gotham, un mardi normal inclut désormais des fanatiques costumés.

Visuellement, la série était un véritable festival graphique. Le travail de Grampá mélangeait des influences à mi-chemin entre Paul Pope, Frank Quitely et Tradd Moore. Chaque page respirait la folie gothique, la crasse urbaine et le cauchemar sous acide. Bref, exactement ce qu’on attend d’une histoire Batman moderne.


Mais DC étant DC, il fallait évidemment casser tout l’élan du projet avec un retard monumental. Pourquoi laisser une série maintenir son momentum quand on peut la transformer en légende urbaine éditoriale ?

Heureusement, l’éditeur semble décidé à réussir son retour en douceur. Pour la sortie du numéro final, DC Comics a sorti l’arme ultime du marketing contemporain : une avalanche de couvertures variantes. Lee Bermejo, Jock, Jamie Hewlett, Valentina Napolitano et Thobias Daneluz sont mobilisés pour rappeler aux lecteurs que oui, cette série existe encore réellement.

Et quelque part, c’est beau. Après tout, dans l’univers des comics, terminer une mini-série de quatre numéros relève désormais presque du miracle éditorial.

Spécialiste autoproclamé de la procrastination constructive, je suis un fan inconditionnel de mangas, de comics, et tout ce qui implique des capes, des super-pouvoirs ou des héros avec des traumatismes non résolus (coucou Batman). Collectionneur compulsif de figurines — surtout si elles ont la forme d'une Batmobile ou portent une cape noire — j’ai transformé mon espace de vie en musée non officiel de Gotham City. Je suis également gameur à mes heures perdues (et il y en a beaucoup), avec un ratio skill/temps passé discutable, mais toujours enthousiaste. Toy photographe à mes heures les plus sérieuses, je mets en scène mes figurines mieux que certains blockbusters ne gèrent leurs CGI. Bref, j’ai 12 ans dans ma tête, mais avec une carte bancaire.

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